Vous suspectez une baisse de l’audition chez un proche ?

Comment l’aider à en prendre conscience ou le décider à réaliser un test de dépistage auditif ?
Voici quelques conseils pour aborder le problème et quelques arguments pour dialoguer.

Comprendre un proche qui perd l’ouïe

Tout d’abord, il faut comprendre qu’une perte auditive est le plus souvent progressive.

Pour comparaison, lorsqu’on voit moins bien le texte d’un livre, on approche la page des yeux. Ce geste rend très « visible » le problème, tant par le lecteur, que par l’entourage.

Or si votre proche entend moins bien, les signes seront moins évidents à détecter. C’est pour cela que lui-même mettra du temps à l’admettre ou qu’il vous signalera que ce sont les autres qui n’articulent pas ou parlent trop vite.

Mais alors, commente détecter ces signes de baisse de l’audition ? Peut-être qu’il vous fait davantage répéter ? Qu’il augmente le son de la télévision ? Ou même qu’il s’isole et décline des invitations à sortir ?

Les avantages d’un dépistage précoce de la baisse d’audition

Cette démarche contribue, dans un premier temps, à limiter les conséquences directes de la baisse d’audition, à savoir : l’isolement, l’anxiété de la personne (et de son entourage), la dépendance, les problématiques de santé.

De ce fait, en intervenant dès l’apparition des premiers signes, on favorise le maintien :

check rouge D’un meilleur état de santé général

check rouge D’une vie sociale active

check rouge D’une autonomie préservée au quotidien. 

En tout état de cause, si vous sentez des réticences psychologiques à consulter chez votre proche, à admettre les signes avant-coureurs de troubles auditifs, voici 4 conseils pour aborder la question :

  • Abordez la question au moment opportun : un temps calme dans un endroit où vous pourrez échanger sans brouhaha environnant.

  • Encouragez le/la à exprimer ses ressentis dans les situations où il se sent en difficulté. Vous l’aiderez à prendre conscience de son besoin et à franchir le pas vers un dépistage.

  • Rassurez-le ! Des solutions existent, discrètes et efficaces, grâce aux progrès technologiques.

  • Restez présent, à l’écoute et proposez lui de l’accompagner au rendez-vous du bilan auditif !

Les conseils ci-dessus n’ont pas été suffisants ? Classique !

En effet, la baisse auditive peut être le signe du vieillissement ou encore, un signe inattendu si elle intervient plus jeune. Très souvent, dans ces deux cas, les patients ne se sentent pas concernés. Pour aller plus loin, voici donc d’autres arguments pour aborder le sujet.

6 arguments pour l’aider à franchir l’étape du dépistage

  • Le test est rapide (30 minutes), gratuit et sans engagement. En bref, si tout va bien ou si une surdité est dépistée, vous le saurez rapidement !

  • Vous contrôlez régulièrement votre vue ? Alors, vérifier votre audition doit faire partie de votre routine médicale, surtout quand un inconfort se prolonge.

  • Retrouvez la joie des bons moments ! Entendre, c’est communiquer, être compris et comprendre, sans angoisse d’interprétation. C’est également profiter pleinement des chants d’oiseaux, des rires d’enfants, de la musique, d’une pièce de théâtre ou d’un film…

  • Un dépistage précoce réduit les problèmes de santé. Parmi ces conséquences, on notera de possibles difficultés d’apprentissage ou en milieu professionnel, l’isolement, l’anxiété, les troubles cognitifs…

  • Mieux entendre c’est aussi se mettre en sécurité. C’est le cas quand votre proche n’entend pas le bruit d’un véhicule qui arrive ou celui d’une voix qui l’alerte d’un danger ou encore s’il n’entend pas une alarme incendie… A minima, il peut aussi rater son réveil et donc un rendez-vous important !

  • Prendre soin de soi, c’est prendre soin des autres. D’abord, vous aimeriez que votre proche concerné vous comprenne quand vous lui parlez. Et à dire vrai, vous êtes triste et inquiet de le voir s’isoler. Vous aimeriez qu’il profite pleinement des repas de famille, des sorties au restaurant. Somme toute, vous devez sans cesse répéter, subir le volume de la télévision, de la radio… Bref, un cocktail un peu difficile à avaler. Par conséquent, si votre proche ne le fait pas pour lui, peut-être peut-il le faire pour vous, ce test auditif ?

A terme, des études ont montré qu'un trouble de l'audition non pris en charge favorise la démence et les maladies neurodégénératives type Alzheimer.

*étude « PAQUID », publiée en 2018 par Pr Hélène AMIEVA (Inserm) et son équipe, réalisée chez 3777 personnes âgées de plus de 65 ans, réaffirme et reprécise les liens entre perte d’audition et les 4D (dépression, démence, dépendance et décès).

Pour aller plus loin :